Londres : des activistes lesbiennes anti-trans bloquent la Pride
Une petite dizaine d'activistes lesbiennes ont bloqué la tête de cortège de la Marche des fiertés londonienne, alors que celle-ci s'apprêtait à démarrer ce samedi 7 juillet. Leur revendication ? Propager un message anti-trans.
C’est une intrusion dont Pride in London se serait bien passée. Une petite dizaine d’activistes lesbiennes ont bloqué la tête de cortège de la Marche des fiertés londonienne, alors que celle-ci s’apprêtait à démarrer ce samedi 7 juillet. Leur revendication ? Propager un message anti-trans.
D’après Gay Star News, le groupe tenait une bannière sur laquelle les mots « transactivisme efface les lesbiennes » étaient inscrits. L’une d’entre elles aurait même crié « un homme qui dit être une lesbienne est un violeur » et « seule des femmes peuvent être des lesbiennes ». Le petit groupe de militantes s’est, d’après The Guardian, dispersé de lui-même après une dizaine de minutes.
Ces femmes font partie du mouvement des Trans-Exclusionary Radical Feminist (TERFS, Feministes radicales excluants les trans), minoritaire mais très visible au Royaume-Uni ces dernières années. Celles-ci considèrent que les femmes trans ne sont pas de vraies femmes et militent activement pour leur exclusion. Les TERFS ont notamment réclamé la non-inclusion de femmes trans sur des listes politiques à 100% féminines. Un comportement qu’il est difficile de qualifier autrement que de transphobe.
Transphobie
« Transphobe », c’est justement la façon dont le maire de Londres Sadiq Khan a qualifié les militantes. L’élu travailliste ouvrait la Pride de la capitale britannique et en a profité pour rappler à PinkNews que la marche « était là pour célébrer la différence et l’incroyable communauté LGBT+ de Londres ».
De nombreuses voix se sont également élevées lors de l’évènement, qui a réuni des centaines de milliers de personnes, pour protester contre l’intrusion des militantes. Sur Twitter, la journaliste et activiste trans Laure Kate Dale s’est indignée de l’absence de réaction de la police, pourtant présente aux alentours de la Marche. « Je ne resterais pas calme alors que l’on me dit que je ne suis pas la bienvenue en tant que lesbienne trans », écrit-elle.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes s’interrogent sur le fait que la Police n’ait rien fait pour disperser le petit groupe de militantes. Dans une explication transmise à Gay Star News, la Pride in London explique « qu’à cause des fortes chaleurs et dans l’intérêt de la sécurité de tous ceux qui participaient à l’évènement, la parade ne s’est pas arrêtée ». Le comité organisationnel de la Marche dit espérer que « les actions d’un petit groupe de personnes n’occultera pas les messages des 30 000 marcheurs et marcheuses du jour ».
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